Article paru dans "L'Union" et "L'Ardennais" du 27 Juin 2007.
Créée à Grand'ham, l'association Lire aussi développe l'accessibilité des informations aux malvoyants profonds. Une cyber-plate-forme devrait s'y installer dans les prochains mois.
GRAND'HAM, petite
bourgade de 50 âmes, bien difficile à dégoter par
le non-initié à travers la lande du canton de
Grandpré. C'est pourtant au creux de ce douillet nid, qu'a
choisi de naître l'association Lire aussi. "Ma famille est
originaire de Grand'ham depuis cinq générations, et le
village est battant pour la cause des besoins de communication
écrite voyants/malvoyants, il fallait que ça se passe
ici", relève Claude Chaillet, présidente de l'association.
Dédiée à l'accessibilité
de l'information aux malvoyants profonds, le nouveau né propose
sur le site de l'Eurafecam -www.eurafecam.org- des pages adaptées d'informations sur la région et une impression braille à la demande.
"Nous avons déjà mis en ligne plus de 13 600 fichiers", indique Christelle Delorge, responsable du serveur.
Outre la synthèse vocale, la taille modulable
des caractères et la traduction en braille disponible sur le
site grâce au logiciel graph'braille téléchargeable
gratuitement, l'information elle-même est adaptée. "Donner
à une personne aveugle une notion de couleur par une trame ou
une légende, c'est important", illustre René Legai,
secrétaire de l'association. "On estime à 1 pour 1 000 le
nombre de personnes aveugles et 1 pour 100 celui des malvoyants. Cette
estimation ne tient pas compte des personnes âgées".
Matériel spécifique :
"Tout ce qui va dans le sens de permettre un
meilleur accès à l'information est profitable et
satisfaisant", souligne Guy Vengud, président
départemental du GIHP, Groupement pour l'Insertion des personnes
handicapées, atteint lui-même de cécité.
"Certains sites produisent des images, mais si personne ne nous
explique ce qu'il y a dessus, ça ne nous dit pas grand-chose.
Avoir un site unique et adapté qui centralise les informations
nous évite d'être renvoyés sur une multitude de
serveurs non-équipés". Au-delà,
l'accessibilité a internet passe par la possession d'un
matériel spécifique. Compter 6 000 € pour un
ordinateur avec synthèse vocale et traducteur braille et 4 500
pour une imprimante braille. La remarque n'était pas
lancée aux quatre vents. "J'apprends le coût de ce
matériel et je vais voir quelles aides peuvent être
développées", commente le député Jean-Luc
Warsmann. "A ce tarif, il est certain que cet équipement n'est
pas accessible aux personnes à qui il s'adresse".
D'ici là, Lire aussi œuvre
également pour l'adaptation des cyber-centres à travers
la Champagne-Ardenne, avec le soutien de la région, par la
spécialisation d'une machine et la formation d'un animateur.
Dès que Grand'ham accédera au haut-débit, la ville
s'équipera d'une plate-forme à disposition de tous,
malvoyants ou non, avec ordinateur et imprimante. "Nous avons
déjà les financements grâce au soutien de la
fondation Orange", conclut Claude Chaillet. "Le projet devrait se
concrétiser dans les prochains mois".
Audrey Benzaken
Amblyopie : moins de 4/10ème de vision après correction
EURAFECAM : Association Européenne de Formation et d'Echanges Culturels pour les Aveugles et Malvoyants
Impression Braille
si vous possédez une imprimante
Braille correctement configurée