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Rendre le réseau de bus accessible
aux aveugles et mal-voyants

    Article paru dans "L'Avenir de l'Artois" du 12 Juillet 2006.

    Ce qui est simple pour les personnes voyantes ne l'est pas forcément pour les aveugles et mal-voyants, comme prendre le bus par exemple. Faute de plans d'agglomération répertoriant les lignes de bus et les arrêts en Braille ou gros caractères, les déficients visuels de la Communauté Urbaine d'Arras (CUA) sont, aujourd'hui encore, exclus du réseau de transport en commun. Fort de ce constat, le Rotaract club d'Arras, branche jeune du Rotary international pour les étudiants et jeunes actifs âgés de 18 à 30 ans, se propose de mettre à disposition des personnes handicapées visuelles de la CUA des documents qui puissent permettre leur intégration dans la cité.

    Le dispositif :
    Lors d'un voyage à Bruxelles, Hugues Lambin, président actuel du Rotaract club d'Arras, a eu l'idée de rendre le bus accessible aux aveugles. "Dans les rues et aux arrêts de bus, il y avait des panneaux disant "aidez les aveugles, indiquez leur le bus", raconte le jeune président. C'est une bonne chose, mais les aveugles restent dépendants des voyants. Nous avons donc eu l'idée de créer un dispositif qui les rendent autonomes". Il s'agit de trois classeurs. Le premier est un répertoire des noms de rues, le second est constitué de plans simplifiés des villes de la CUA. Pour réaliser ce projet altruiste d'envergure, nommé "un moyen de voir", le Rotaract s'est appuyé sur deux associations spécialisées dans les services aux aveugles : l'association Valentin Haüy (AVH) et l'EURAFECAM.
    Les plans fonctionnent par îlot de quartier, c'est-à-dire une partie de la ville à l'intérieur de laquelle ne passe aucune ligne de bus. Les plans permettent aux aveugles d'intégrer la ville, pour qui le quartier Baudimont et la gare sont pratiquement deux villes séparées.
    Quatre ébauches de plan sont actuellement testées par les personnes concernées, afin de ne retenir que le meilleur.

    Course aux financements :
    "Nous travaillons sur ce projet depuis septembre 2005, confie Hugues Lambin. Nous espérons l'aboutir en décembre de cette année". Mais pour cela, il est nécessaire de boucler le budget, estimé à 14 000 €. Si le projet a déjà trouver des financeurs auprès de la société Artis, gérante du réseau de bus communautaire, et des entreprises Cocorette et Holbat, il peine semble-t-il à séduire la CUA et les commerçants arrageois. "La communauté urbaine subventionne déjà un autre projet de l'EURAFECAM, ça ne va pas être facile, explique Hugues Lambin. Quant aux commerçants, ils ne veulent pas suivre le projet. C'est dommage. Nous avions pour projet de faire un site internet pour aveugles et mal-voyants répertoriant les commerces, et nous demandions aux commerçants de verser une cotisation annuelle de 30 € pour assurer la pérennité du site. Ce projet est mis de côté pour le moment".
    Motivés, les jeunes rotaryens n'entendent pas baisser les bras à la moindre difficulté rencontrée. Pour mener à bien leur projet, ils sont prêts à frapper à toutes les portes, du publique comme du privé, pour qu'enfin les personnes handicapées visuelles soient intégrées dans la cité.

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