Article paru dans "La Voix du Nord" du 11 Juillet 2006.
Prendre le bus, se promener dans le centre-ville, faire ses courses, se rendre au guichet d'une banque ou d'une administration... autant de gestes et de faits du quotidien qui doivent vous sembler tout ce qu'il y a de plus banals, mais qui peuvent, lorsqu'on est atteint de déficience visuelle, prendre l'allure d'un vrai parcours du combattant. C'est pourquoi des mal et non-voyants testent depuis quelques semaines la fiabilité de plans d'Arras et de sa communauté urbaine en Braille. Une initiative à mettre à l'actif des membres du RotarAct.
L'an dernier, ils
avaient collecté et envoyé un mètre cube de paires
de lunettes à un orphelinat de Sao-Paulo, au Brésil. Ils
avaient aussi cherché et trouvé le moyen d'accompagner la
campagne Nez Rouge, lancée au profit du financement de la
recherche sur les maladies orphelines... Hugues, Antoine et Pierre ont
entre 20 et 24 ans. Comme leurs pairs (et parfois pères) du
Rotary, ces responsables arrageois du RotarAct ont l'altruisme
chevillé au corps. Aujourd'hui, c'est à l'accomplissement
d'un autre projet, tout aussi habillé de philanthropie, qu'ils
travaillent. En collaboration avec les associations EURAFECAM et
Valentin Haüy(1),
ils entendent mettre à la disposition des personnes souffrant de
cécité ou de déficience visuelle des plans
pratiques, en Braille, d'Arras et de sa communauté urbaine. "Des
plans par quartier, mais aussi toutes les adresses et les informations
utiles à leur intégration dans la ville de la
cité".
Cher projet. Dans tous les sens du terme. Tests,
communication, saisie et impression des documents en Braille et
hébergement de ces informations sur un site internet, qui serait
rendu lui aussi accessible aux mal et non-voyants à la
grâce d'un logiciel (...), "il y en a pour 14 000 €". Pas de
quoi freiner l'ardeur du trio, quand bien même, dans leur
quête de subventions et de sponsors, Hugues Lambin, Antoine
Tenaille et Pierre Mortreux ont eu à se heurter à pas mal
de réticences, sinon, pis, à de l'indifférence.
"On s'est fait envoyer sur les roses par une association de
commerçants". Ils n'ont pas peur de le dire car ça leur
est un peu resté en travers de la gorge... Pour autant, ils ont
été nombreux à leur faire confiance. Artis, par
exemple, à qui la CUA a délégué le
réseau de transports en commun, et plusieurs entreprises du
secteur, leur ont ainsi donné un coup de main... Et le plan
d'Arras, version Braille, actuellement testé grandeur nature,
devrait être disponible en décembre.
En chiffres : pour 1 000, la proportion d'aveugles en France. 1 pour 100, la proportion de mal-voyants.
(1) Basée à Lille, EURAFECAM est spécialisée dans l'adaptation et la mise en relief des graphes et l'initiation des mal et non-voyants à leur compréhension. Quant à l'association Valentin Haüy, du nom d'un notable Picard qui, au XVIIIème siècle, fut parmi les premiers à s'intéresser au devenir socioculturel des aveugles, elle est reconnue d'utilité publique et est souvent sollicitée pour son expertise dans l'accessibilité des transports aux aveugles.
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