Pour le Sud de la
région, dans un souci d'équilibre territorial avec les
territoires desservis par le TGV, la Région poursuit le
financement de la modernisation de la ligne Paris / Bâle dans le
cadre du Contrat de projets Etat-Région 2007-2013, programmant
notamment les travaux d'électrification de la section Gretz /
Troyes. Par ailleurs, dans l'attente de l'électrification de la
ligne 4, un certain nombre d'actions sont aussi à l'étude
afin de développer les liaisons ferroviaires entre Troyes et
Dijon.
Infrastructure :
Les travaux de modernisation de la ligne permettant
un relèvement de vitesse pour les matériels roulants dits
"légers" dotés de leur propre motorisation
(c'est-à-dire autres que les rames tractées CORAIL) sont
en voie d'achèvement. Ils ont été
réalisés dans le cadre d'une convention d'un montant de
3,80 M€, et financés à parité par l'Etat et
la Région. Ces travaux, de même que l'arrivée des
nouveaux matériels, réduisent le temps de parcours de 12
minutes entre Culmont-Chalindrey et Paris.
L'électrification de la ligne (section
Gretz-Armainvilliers / Troyes) a fait l'objet d'une étude
d'avant-projet. Compte tenu des investissements nécessaires
(plus de 210 M€), Réseau Ferré de France propose de
programmer en 2006 une première tranche de travaux consistant
à la mise au gabarit "électrification" de certains
ouvrages d'art et au remplacement du poste d'aiguillage de
Romilly-sur-Seine. Outre les travaux préparatoires
indispensables pour rendre les ouvrages et la signalisation compatibles
avec l'alimentation électrique, l'électrification des
deux voies principales de ce premier tronçon jusqu'à
Troyes, implique l'électrification de certaines voies dans les
gares et de l'antenne à voie unique de Longuevillle à
Provins ainsi que la construction d'une station alimentant la ligne en
électricité.
Matériel roulant :
La Région Champagne-Ardenne a signé
une convention avec la SNCF pour financer l'acquisition de 8 rames
bi-mode (diesel/électrique) bi-courant (courant continu 1,50 kV
/ courant alternatif monophasé 25 kV - 50 Hz) destinées
aux dessertes entre Paris, Troyes et Culmont-Chalindrey. Il s'agit de
rames quadricaisses couplables, offrant 206 places assises (dont 22 en
première classe) et onze crochets pour les vélos.
Cet investissement représente pour chaque
rame environ 6 M€. 4 premières rames sont
déjà livrées et circulent depuis le 10 juin 2007.
L'ensemble des 8 rames commandées sera affecté à
la ligne Paris / Bâle à l'horizon 2010.
Ce nouveau matériel permettra, en attendant
l'électrification du second tronçon au-delà de
Troyes, d'effectuer le trajet entre Paris et Culmont-Chalindrey sans
rupture de charge, ne pénalisant ainsi pas les usagers entre
Troyes et Culmont-Chalindrey. Il peut également circuler sur les
deux types de réseaux électriques français : sur 1
500 volts pour le réseau à courant continu et 25 000
volts sur le réseau à courant alternatif.
Il est à noter que ces dessertes Paris /
Troyes / Culmont-Chalindrey font l'objet d'une collaboration
étroite de la SNCF et du Conseil Régional dans la mesure
où la section Paris / Troyes relève du statut des trains
nationaux, alors que la section Troyes / Culmont-Chalindrey
relève partiellement du statut des trains régionaux.
Cette architecture organisationnelle et comptable demeure transparente
pour les usagers, qui bénéficient donc même
à l'Est de Troyes de trains directs pour Paris.
De même, la Région Champagne-Ardenne
prolonge, sous responsabilité de l'activité CORAIL
Intercités de la SNCF, l'utilisation de ses matériels sur
la ligne 4.
Dessertes :
Au cours des années 2004 et 2005, la SNCF a
lancé un débat sur l'avenir des lignes ferroviaires
nationales déficitaires, parmi lesquelles la ligne Paris /
Bâle. Les Régions ont aussitôt exprimé leur
crainte d'une réduction drastique des dessertes, ou de la
sollicitation d'une contribution financière des
collectivités locales desservies pour maintenir le niveau
d'offre de ces services.
Une mobilisation de l'ensemble des acteurs locaux et
régionaux a permis fin 2005 d'obtenir auprès de l'Etat la
confirmation du maintien du statut national de ces lignes.
La ligne Paris / Bâle est également
concernée par la mise en service prévue en juin 2007 de
la ligne à grande vitesse Est-européenne, avec 6 allers
et retours quotidiens Paris / Mulhouse par Strasbourg, dont 4
prolongés (à terme) jusqu'à Bâle.
Parallèlement, la desserte Paris / Belfort
bénéficierait du prolongement de certains TGV Paris /
Besançon. Une partie importante du trafic constituée par
les voyages à longue distance pourrait être ainsi
captée par le TGV, générant une diminution de la
fréquentation et des recettes commerciales correspondantes de la
ligne classique actuelle par Troyes, ce qui pourrait compromettre son
développement. La Région est donc tout
particulièrement attentive à ce sujet et ce notamment
dans un souci d'équité territoriale.
Enfin, la Région et la SNCF engagent
aujourd'hui une réflexion afin d'améliorer la desserte
entre Troyes et Dijon en s'appuyant sur les potentialités
offertes par la livraison de l'ensemble des 8 AGC "BiBi" à
l'horizon 2010 et les besoins croissants des déplacements entre
ces deux pôles.
Une trame de desserte à l'étude vise
notamment à offrir une desserte directe (sans changement) entre
Troyes et Dijon, avec arrêts intermédiaires en
Haute-Marne, permettant d'une part de faire bénéficier
les Champardennais des développements de desserte à Dijon
(cadencement, correspondances TGV Méditerranée) et
à offrir une desserte adaptée aux déplacements
pendulaires entre Dijon et le sud de la Haute-Marne.
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