Retour

La maltraitance des
personnes vulnérables

    Lorsqu'on s'inquiète de la maltraitance des personnes vulnérables et en particulier des personnes âgées on se heurte à un mur de silence.

    On entre dans le monde de l'indicible.
    Avant, on ne le voyait pas, maintenant on ne veut pas le voir et encore moins le dire. C'est de peur et de honte qu'il s'agit, tant de la part de la victime que du maltraitant. Cela est difficile à vivre et encore plus, à dire. Pourtant, il faut parler. C'est peut-être le seul moyen pour que cette violence cesse.
    La plupart des victimes âgées n'osent pas se plaindre de peur, si elles sont en famille, d'être envoyées en maison de retraite et, si elles sont en institution, d'en être renvoyées.

    L'extrême pointe de l'iceberg.
    La plupart de ces maltraitances se développent au sein de la famille , or "on n'en parle pas" . Ce qui se passe en famille est secret, tabou, voire nié.
    Un très grand nombre de ces maltraitances sont financières, car le vol dans la famille n'est pas considéré comme un délit.
    Les soignants, bien que la loi les délie alors du secret professionnel, préfèrent, s'ils relèvent des traces de coups, se taire pour continuer à avoir accès auprès de la personne souffrante.
    Ces maltraitances sont souvent effectuées sous l'emprise de la boisson ou en raison de troubles intellectuels du maltraitant, et dans les deux cas, il y a atténuation de la responsabilité.
    La réalité de la plainte n'est pas toujours facile à établir. En institution, l'accusateur es accusé à son tour de porter préjudice à l'établissement et parfois traîné en justice pour diffamation. En famille, la maltraitance de l'aïeul n'est parfois que le résultat d'une longue histoire de tensions familiales dont iI était entièrement responsable.
    Quand la victime se plaint -et ce n'est pas toujours aisé de distinguer la vérité d'un syndrome de persécution ou de préjudice- la plainte n'est alors pas considérée comme sérieuse.
    Les différentes formes de maltraitances classées selon une typologie internationale sont réparties en : violences physiques, violences psychologiques, violences financières, violences médicamenteuses, violences civiques, négligences actives et négligences passives.
    On constate que les maltraitances financières - 27 % - les maltraitances psychologiques 27 % - sont les plus fréquentes. Elles sont souvent associées. Ensuite viennent les violences physiques - 15 % - Il s'agit de maltraitances par volonté délibérée de nuire dans lesquelles peuvent être aussi rangées la sur-médication ou la suppression volontaire des médicaments.
    Les maltraitances par omission sont celles qui sont le plus souvent exercées en institution. Elles sont plus dissimulées et donc plus méconnues que les précédentes précisément parce que l'on se plaint moins facilement du manque de soins que d'une action violente.
    Dans la région, on constate que 80 % des maltraitances ont lieu à domicile et 20 % en institution. Elles affectent surtout des femmes âgées de plus de soixante-quinze ans.

    Disponibilité, respect, partage de parole entre professionnels, familles, résidants sont la clef qui fera sauter ce verrou et qui fera reculer la violence. La mise en commun des bonnes volontés, des énergies, des expériences et des expertises ne peut que favoriser l'action de bientraitance des personnes âgée et au-delà, de toutes personnes vulnérables.

    Claude Murignieux

Retour

Impression Braille
si vous possédez une imprimante
Braille correctement configurée